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Yazid Arifi veut « désoccidentaliser la France » : un discours de rupture assumé

Lors d’une conférence organisée à Saint-Denis, Yazid Arifi a appelé à « désoccidentaliser la France » et à contribuer à la chute de la « citadelle occidentale ». Ces formulations dépassent la critique du colonialisme pour assumer une rupture avec les fondements historiques, culturels et institutionnels du pays.

Publié le 11 juillet 20263 min de lectureMedia90
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Yazid Arifi a appelé à « désoccidentaliser la France » et à contribuer à la chute de ce qu’il nomme la « citadelle occidentale ». Les extraits diffusés depuis le 6 juillet sur les réseaux sociaux proviennent d’une intervention prononcée lors d’une conférence organisée le 12 juin 2026 à la Bourse du travail de Saint-Denis, officiellement intitulée « Pour en finir avec l’empire étasunien ».

La réunion rassemblait notamment deux députés de La France insoumise, Arnaud Le Gall et Jérôme Legavre, ainsi que le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Yazid Arifi y était présenté comme représentant de QG Décolonial. La présence de responsables insoumis ne signifie pas qu’ils approuvent chacune de ses déclarations, mais elle inscrit son discours dans un environnement politique qui dépasse une réunion confidentielle.

Un projet qui dépasse la critique du colonialisme

Dans l’extrait devenu viral, Yazid Arifi décrit une « bascule civilisationnelle » et la fin d’un monde construit par l’Occident. Il affirme qu’un éventuel pouvoir insoumis devrait participer à la chute de la « citadelle occidentale de l’intérieur », avant de résumer son objectif politique par cette formule : « Désoccidentaliser la France ».

Son propos ne se limite donc pas à demander la reconnaissance des crimes coloniaux, à combattre les discriminations ou à modifier la politique étrangère française. Les termes de « chute », de « fossoyeurs » et de « désoccidentalisation » désignent une rupture avec un ensemble civilisationnel auquel la France appartient historiquement.

Il défend également l’idée que l’islam constitue désormais une composante entière de l’identité française et demande que le cadre actuel de la laïcité soit renversé, car il le considère comme islamophobe. Il propose parallèlement de reconstruire la police et la doctrine du maintien de l’ordre sur une base « entièrement décoloniale ».

Une vision profondément hostile à la continuité française

La France peut regarder lucidement son histoire sans renoncer à elle-même. La colonisation, l’esclavage ou certaines interventions militaires doivent pouvoir être étudiés et critiqués. Mais réduire l’Occident à la domination raciale, puis présenter sa disparition comme une priorité, revient à nier ce qu’il a également transmis : l’État de droit, les libertés publiques, le pluralisme, l’égalité civile et la souveraineté populaire.

Le discours de Yazid Arifi substitue à l’intégration une logique de règlement historique. Il ne propose plus que des citoyens d’origines différentes rejoignent une communauté nationale commune ; il demande que cette communauté soit refondée à partir d’une lecture décoloniale opposant héritiers des colonisés et institutions occidentales.

Cette vision présente un risque politique évident. Lorsqu’un pays est décrit comme une « citadelle » à faire tomber, ses institutions ne sont plus considérées comme un patrimoine à améliorer, mais comme les instruments d’un ordre illégitime à démanteler.

Yazid Arifi n’est pas officiellement identifié comme cadre de LFI

Plusieurs publications le présentent comme un « cadre LFI » ou un ancien candidat du mouvement. Les sources disponibles ne permettent pas de reprendre cette affirmation comme un fait établi. Les organisateurs de la conférence le rattachent à QG Décolonial. Les archives du ministère de l’Intérieur confirment sa présence, en septième position, sur la liste « Nous sommes Pantin » lors des municipales de 2020, sans l’identifier comme candidat officiel de La France insoumise.

Il fait néanmoins lui-même référence à la mission d’un éventuel « pouvoir insoumis ». La question politique demeure donc légitime : cette « désoccidentalisation » correspond-elle à une opinion personnelle ou à une orientation tolérée dans l’espace militant proche de LFI ?

La liberté d’expression autorise Yazid Arifi à défendre cette rupture. Elle autorise également les Français à juger ses propos affligeants et profondément hostiles à leur héritage national. Un mouvement prétendant gouverner le pays ne peut durablement entretenir l’ambiguïté entre transformation sociale, critique historique et volonté explicite de devenir le fossoyeur du monde auquel la France appartient.

Sources

  • UJFP, présentation officielle de la conférence du 12 juin 2026, de ses organisateurs et de ses intervenants.
  • Vidéo de l’intervention de Yazid Arifi diffusée sur X.
  • Extraits vidéo reprenant le contexte et les principales déclarations.
  • Ministère de l’Intérieur, liste officielle des candidats aux élections municipales de 2020 à Pantin.
  • Présentation publique de Yazid Arifi comme cofondateur de l’École démocratique de Paris et entrepreneur social.

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