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Le moral des entreprises rebondit, mais la reprise française reste fragile

Le climat des affaires en France a gagné deux points en juillet pour atteindre 97, son meilleur niveau depuis mars. L’industrie repasse au-dessus de sa moyenne et le commerce rebondit fortement, mais l’emploi, le bâtiment et le commerce de gros restent en retrait.

Publié le 23 juillet 20265 min de lectureMedia90
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L’Insee a publié jeudi 23 juillet une amélioration sensible du climat des affaires en France. L’indicateur gagne deux points pour atteindre 97, contre 95 en juin. Il retrouve son meilleur niveau depuis mars, mais reste inférieur à sa moyenne de longue période fixée à 100. Le climat de l’emploi demeure stable à 98.

L’embellie est inégale. L’industrie atteint 101, le commerce de détail et automobile grimpe à 99 et les services remontent à 98. Le bâtiment reste bloqué à 95, tandis que le commerce de gros recule de deux points pour revenir lui aussi à 95. La confiance progresse donc dans les secteurs les plus visibles, sans encore gagner toute l’économie.

Un indicateur de confiance plutôt qu’une mesure de production

Le climat des affaires résume les réponses de chefs d’entreprise interrogés sur leur activité, leurs commandes, leurs effectifs et leurs perspectives. L’indicateur national est construit à partir de vingt-huit soldes d’opinion provenant de l’industrie, des services, du commerce et du bâtiment. Un niveau de 100 correspond à la moyenne historique, non à une croissance nulle ou à un équilibre comptable.

Les réponses de juillet ont été recueillies entre le 25 juin et le 20 juillet, avec une majorité reçue durant les deux premières semaines. L’enquête reflète donc l’état d’esprit des dirigeants pendant une période marquée par la canicule, les tensions au Moyen-Orient et les incertitudes sur les prix de l’énergie. Elle ne mesure pas directement la production, le chiffre d’affaires ou le produit intérieur brut.

La comparaison avec juin exige également de la prudence. L’Insee a modifié la méthode de son enquête dans les services et recalculé plusieurs séries depuis janvier. La révision atteint jusqu’à trois points pour le climat des services et neuf points pour l’indicateur de l’emploi en juin. Le rebond de juillet reste visible, mais une partie de l’historique récent a été réécrite par ces changements statistiques.

Le commerce porte la plus forte amélioration

Le mouvement le plus spectaculaire vient du commerce de détail et de la réparation automobile. Son indicateur passe de 91 à 99 en un mois, principalement grâce à une forte amélioration des intentions de commandes et des perspectives générales d’activité. Ce redressement intervient après un passage à 89 en mai, un niveau particulièrement faible.

Cette hausse ne signifie donc pas que la consommation est devenue vigoureuse. Elle montre surtout que les commerçants anticipent une situation moins mauvaise qu’au printemps. Le secteur revient presque à sa moyenne historique, mais n’a pas encore dépassé le niveau de confiance observé au début de l’année.

Dans les services, l’indicateur gagne deux points pour atteindre 98. L’amélioration touche tous les sous-secteurs à l’exception de l’information et de la communication. L’industrie progresse plus modestement, mais son niveau de 101 la place au-dessus de sa moyenne de long terme. Les industriels signalent notamment un rebond de leur production passée et une amélioration de leurs carnets de commandes globaux.

L’enquête de la Banque de France publiée le 9 juillet allait déjà dans cette direction. Après avoir interrogé environ 8 500 entreprises et établissements, l’institution estimait que l’activité s’était nettement raffermie en juin dans l’industrie et avait rebondi dans les services marchands et le bâtiment. Elle évaluait alors la progression du PIB au deuxième trimestre à 0,2 %.

Le bâtiment et le commerce de gros restent faibles

Le redressement général masque deux points de fragilité. Dans le bâtiment, le climat des affaires demeure à 95. Les entreprises jugent leur activité passée légèrement meilleure, mais se montrent un peu plus pessimistes sur leur activité future. Les carnets de commandes restent dégradés selon la Banque de France.

Le commerce de gros se replie également à 95. Cette baisse provient principalement du recul des ventes passées, y compris à l’étranger. Ce secteur constitue un indicateur avancé utile, car les grossistes se situent entre les producteurs et les commerces. Une diminution de leurs ventes peut annoncer une demande plus faible dans les mois suivants.

Les difficultés d’approvisionnement n’ont pas disparu. Selon les données rapportées par Reuters à partir de l’enquête de l’Insee, 22 % des entreprises industrielles déclarent subir des contraintes d’offre, soit la proportion la plus élevée depuis la fin de 2023. Les tensions touchent notamment l’accès à certains intrants et peuvent freiner la production malgré des carnets de commandes mieux orientés.

L’emploi ne confirme pas encore le rebond

Le climat de l’emploi reste stable à 98 après sa remontée du mois précédent. Il demeure donc légèrement inférieur à sa moyenne de longue période. Les entreprises se montrent moins pessimistes sur leur activité, mais cette amélioration ne se traduit pas encore par une accélération nette des embauches.

Ce décalage est classique. Une entreprise commence généralement par utiliser davantage ses capacités existantes, augmenter les horaires ou attendre la confirmation de ses commandes avant de recruter. Pour que l’embellie devienne durable, elle devra se retrouver dans l’investissement productif, les créations d’emplois et les données réelles de consommation.

Une économie encore exposée aux choix publics

La Banque de France ne prévoit que 0,5 % de croissance en 2026 dans son scénario central. Elle anticipe également une inflation harmonisée de 2,5 % et une dette publique qui pourrait approcher 122 % du PIB à la fin de 2028 en l’absence de mesures supplémentaires. Le retour partiel de la confiance ne suffit donc pas à effacer les faiblesses structurelles.

Les entreprises ont besoin d’une fiscalité prévisible, de règles stables, d’une énergie disponible à un coût compétitif et d’une trajectoire crédible pour les finances publiques. Les aides ciblées à l’investissement, à l’innovation ou à la réindustrialisation peuvent soutenir certains secteurs. Elles ne peuvent toutefois remplacer durablement une demande privée solide ni compenser une instabilité permanente des prélèvements et des normes.

Le chiffre de juillet constitue une bonne nouvelle, mais pas un changement de régime. La France passe d’un climat franchement dégradé à une confiance encore inférieure à la normale. Les prochaines enquêtes devront confirmer le redressement, tandis que les données de production, de consommation, d’investissement et d’emploi diront s’il s’agit du début d’une reprise ou d’un simple rebond après un printemps difficile.

Sources

  • Insee — En juillet 2026, le climat des affaires s’éclaircit un peu — 23 juillet 2026 — insee.fr
  • Banque de France — Enquête mensuelle de conjoncture à début juillet 2026 — 9 juillet 2026 — banque-france.fr
  • Banque de France — Projections macroéconomiques de juin 2026 — 16 juin 2026 — banque-france.fr
  • Reuters — French business confidence improves in July despite Middle East conflict and heatwaves — 23 juillet 2026 — reuters.com

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