Carrières longues, qui pourra partir plus tôt dès septembre 2026 ?
À partir du 1er septembre 2026, certains assurés ayant commencé à travailler avant 20 ans pourront prendre leur retraite entre un et trois mois plus tôt que prévu. Ils devront toujours remplir les conditions strictes du dispositif pour carrière longue.

Certains assurés ayant commencé à travailler jeunes pourront prendre leur retraite quelques mois plus tôt à partir du 1er septembre 2026. Le décret publié le 8 mai adapte le dispositif des carrières longues à la suspension temporaire de la réforme des retraites de 2023. Les personnes principalement concernées sont nées entre 1964 et 1970.
Le changement ne crée pas un nouveau droit universel au départ anticipé. Il modifie seulement l'âge applicable à certains assurés qui remplissent déjà les conditions strictes d'une carrière longue. Environ 10 000 personnes affiliées au régime général pourraient avancer leur départ entre septembre et décembre 2026 selon une estimation de l'Assurance retraite rapportée par l'UFC-Que Choisir.
Avoir travaillé jeune ne suffit pas
Le dispositif concerne les personnes ayant commencé leur activité avant 16, 18, 20 ou 21 ans. Elles doivent avoir validé au moins cinq trimestres avant la fin de l'année de l'âge retenu. Cette exigence est ramenée à quatre trimestres pour les personnes nées entre octobre et décembre.
Il faut également justifier une durée minimale d'assurance cotisée sur l'ensemble de la carrière. Pour les générations nées à partir de 1966, cette durée reste généralement fixée à 172 trimestres, soit 43 années. Les trimestres réellement cotisés sont prioritaires, mais certaines périodes de chômage, de maladie, de service national ou d'invalidité peuvent être retenues dans des limites précises.
Une personne ayant commencé à travailler à 19 ans ne pourra donc pas partir plus tôt si elle a connu trop d'années non validées ou si elle ne possède pas les trimestres nécessaires. L'âge annoncé par le gouvernement est une première condition, jamais une garantie individuelle.
Jusqu'à trois mois gagnés pour plusieurs générations
La modification la plus visible concerne les personnes ayant travaillé avant 20 ans. Un assuré né en décembre 1965 pourra partir à 60 ans et 8 mois au lieu de 60 ans et 9 mois. Pour la génération 1966, l'âge passe de 61 ans à 60 ans et 9 mois.
Les personnes nées en 1967 pourront partir à 61 ans au lieu de 61 ans et 3 mois. L'âge sera de 61 ans et 3 mois pour la génération 1968, de 61 ans et 6 mois pour celle de 1969 et de 61 ans et 9 mois pour celle de 1970. Chacune de ces générations gagne trois mois par rapport au calendrier précédent.
Les assurés nés en 1964 et au début de 1965 peuvent surtout profiter d'une durée d'assurance réduite. Les personnes nées au premier trimestre 1965 devront réunir 170 trimestres au lieu de 172. Celles nées entre avril et décembre 1965 devront en valider 171. Cette baisse peut débloquer un départ pour une personne qui avait atteint l'âge requis mais à laquelle il manquait un ou deux trimestres.
Les nouvelles règles ne s'appliquent qu'aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Un assuré parti avant cette date ne pourra pas demander rétroactivement le bénéfice du nouveau calendrier.
Une pension à taux plein mais une carrière plus courte
Le départ pour carrière longue permet de liquider la retraite de base à taux plein. Pour les salariés du privé, la retraite complémentaire Agirc-Arrco peut également être versée sans abattement lorsque la retraite de base est accordée au titre d'une carrière longue.
Cela ne signifie pas que partir plus tôt est financièrement neutre. Un salarié qui avance son départ de trois mois renonce à trois mois de salaire et cesse d'accumuler de nouveaux points de retraite complémentaire. Il reçoit toutefois sa pension trois mois plus tôt. Le choix dépend donc du salaire, du montant prévisionnel de la pension, de l'état de santé et de la situation personnelle.
Pour les finances publiques, les départs avancés augmentent les pensions versées et réduisent les cotisations encaissées. Le gouvernement évaluait à 1,9 milliard d'euros en 2027 le coût total de la suspension du calendrier de 2023, toutes catégories concernées et pas uniquement les carrières longues.
Vérifier son relevé avant de quitter son emploi
L'assuré doit consulter son relevé de carrière, demander la correction des périodes manquantes et obtenir une attestation confirmant son droit au départ anticipé. L'Assurance retraite recommande de déposer la demande environ cinq mois avant la date souhaitée. Il est déconseillé de quitter son emploi avant d'avoir reçu une confirmation définitive de la caisse.
Deux trimestres liés aux enfants doivent également pouvoir être intégrés au calcul des carrières longues à partir de septembre 2026. Au 20 juillet, l'Assurance retraite indiquait cependant que le nombre exact et les modalités devaient encore être confirmés par un décret. Cet avantage ne doit donc pas être considéré comme définitivement acquis avant la publication du texte réglementaire.
Le changement de septembre bénéficiera surtout aux assurés situés à quelques mois ou quelques trimestres de l'ancien seuil. Pour les autres, les règles fondamentales restent inchangées. Avoir commencé tôt ne suffit pas. Il faut pouvoir démontrer une carrière suffisamment complète et cotisée.
Sources
- Service Public - Présentation officielle des âges applicables à compter du 1er septembre 2026.
- Légifrance - Décret du 7 mai 2026 et loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.
- Info Retraite - Conditions d'âge et nombre de trimestres selon le début de carrière.
- Assurance retraite - Conditions du dispositif, démarches et évolutions encore attendues pour les trimestres liés aux enfants.
- Agirc-Arrco - Conditions de versement de la retraite complémentaire lors d'un départ pour carrière longue.
- UFC-Que Choisir - Estimation du nombre de départs avancés et explication des effets selon les générations.