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Brevet 2026 : le taux de réussite chute à 81,6 % après la réforme

Le taux de réussite au brevet tombe de 85,5 % en 2025 à 81,6 % en 2026. La chute atteint 10,6 points dans la série professionnelle, mais elle coïncide avec une réforme importante du calcul des notes.

Publié le 13 juillet 20263 min de lectureMedia90
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Le taux de réussite au diplôme national du brevet est tombé à 81,6 % en 2026, contre 85,5 % en 2025. Sur les 833 956 candidats présents, 680 390 ont été admis et près de 153 600 ont échoué. Malgré environ 15 000 candidats de moins qu’un an auparavant, la France compte donc près de 30 000 non-admis supplémentaires. Les résultats restent provisoires, mais la baisse de 3,9 points marque une rupture nette.

La chute est générale. Dans la série générale, qui regroupe près de neuf candidats sur dix, le taux de réussite recule de 86,7 % à 83,5 %. La série professionnelle connaît un effondrement beaucoup plus sévère : seuls 64,8 % des candidats sont reçus, contre 75,4 % en 2025, soit une baisse de 10,6 points.

Une nouvelle formule beaucoup plus exigeante

La session 2026 inaugure un nouveau calcul. Les épreuves terminales représentent désormais 60 % de la note finale, contre 50 % auparavant. Le contrôle continu ne pèse plus que 40 % et correspond aux moyennes annuelles obtenues dans les disciplines de troisième. Le système sur 800 points disparaît : il faut maintenant obtenir une moyenne finale d’au moins 10 sur 20.

Cette réforme interdit de conclure que le niveau des collégiens se serait brutalement effondré en douze mois. Le thermomètre a changé en même temps que la température mesurée. En donnant davantage de poids à des épreuves nationales identiques pour tous, le nouveau brevet réduit l’influence des évaluations internes aux établissements, dont les pratiques peuvent varier. L’Éducation nationale avait d’ailleurs anticipé une forte baisse liée aux nouvelles modalités.

Le résultat n’est pourtant pas dépourvu de signification. Le ministère voulait « redonner toute sa valeur » au diplôme. La forte baisse suggère que les taux antérieurs masquaient une partie des fragilités, notamment lorsque l’évaluation du socle commun pouvait compenser des résultats plus faibles aux épreuves terminales. Une analyse détaillée des notes sera nécessaire pour séparer précisément l’effet du barème de celui du niveau scolaire.

Les mentions s’effondrent également

La baisse ne concerne pas seulement les élèves proches de la moyenne. En 2025, 49,1 % des candidats avaient obtenu une mention « Bien » ou « Très bien ». Ils ne sont plus que 37,3 % en 2026. La part des mentions « Très bien avec les félicitations du jury » chute de 9,5 % à 3 %.

Dans le même temps, 20,3 % des candidats obtiennent le brevet sans mention, contre 16,1 % l’année précédente. Le déplacement vers les résultats les plus faibles montre que la nouvelle formule a affecté une part importante de la promotion, pas uniquement quelques milliers d’élèves situés juste sous le seuil de réussite.

Toutes les académies reculent

Aucune académie n’échappe à la baisse. La Guyane perd 14,9 points, Mayotte 12,7 points et Dijon 6,6 points. Les diminutions sont plus contenues à Paris, en Corse, à Versailles et à Besançon. La Corse, Paris et Rennes conservent des taux supérieurs à 87 %, tandis que la Guadeloupe, la Guyane et Mayotte restent sous 69 %.

Ces écarts rappellent que le collège français ne produit pas les mêmes résultats selon les territoires et les publics. En 2025, la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance constatait déjà, dans la série générale, un écart de 21,6 points entre les candidats d’origine sociale très favorisée et ceux d’origine défavorisée. La nouvelle formule n’a pas créé ces inégalités ; elle peut les rendre plus visibles.

Un diplôme plus sincère, mais sans conséquence sur l’orientation

Le brevet n’est toujours pas obligatoire pour entrer en seconde. Le passage au lycée reste décidé par le conseil de classe. Un élève peut donc échouer à l’examen tout en poursuivant sa scolarité, ce qui limite la fonction de certification du diplôme.

La baisse de 2026 ne doit être ni maquillée ni utilisée comme une simple preuve politique. Un examen national plus exigeant est utile s’il fournit un diagnostic honnête. Mais l’État doit ensuite agir : renforcer l’apprentissage du français et des mathématiques, rétablir des conditions de travail satisfaisantes dans les classes, soutenir les établissements les plus fragiles et évaluer les dispositifs financés.

Les résultats définitifs permettront d’affiner le constat. Le fait essentiel est déjà établi : lorsque les épreuves communes comptent davantage, près d’un candidat sur cinq n’obtient plus le brevet. Ce chiffre ne démontre pas un effondrement soudain des élèves ; il indique surtout que l’ancien mode d’évaluation produisait un taux de réussite nettement plus rassurant que celui obtenu avec le nouveau barème.

Sources

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