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L’Union européenne accepte le plan de transparence de X, sous surveillance renforcée

La Commission européenne accepte le plan présenté par X pour améliorer la transparence de ses publicités et l’accès des chercheurs aux données publiques. La plateforme dispose de six mois pour appliquer les mesures et restera soumise à une surveillance renforcée.

Publié le 15 juillet 20263 min de lectureMedia90
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La Commission européenne a accepté, mercredi 15 juillet 2026, le plan présenté par X pour corriger deux manquements au règlement européen sur les services numériques, le Digital Services Act (DSA). Le réseau social d’Elon Musk dispose de six mois pour rendre sa bibliothèque publicitaire exploitable et faciliter l’accès des chercheurs aux données publiques.

Cette décision ne signifie pas que Bruxelles considère déjà X comme pleinement conforme. Le plan devra être appliqué, contrôlé par un auditeur indépendant et suivi sous surveillance renforcée. Le Comité européen des services numériques l’avait d’abord jugé globalement insuffisant, avant que la Commission précise ses exigences. L’accord porte sur la transparence technique : il ne règle ni l’ensemble des contentieux opposant X à l’Union européenne ni les enquêtes visant Grok et le système de recommandation.

Une bibliothèque publicitaire plus facile à contrôler

Le DSA impose aux très grandes plateformes, celles qui comptent plus de 45 millions d’utilisateurs mensuels dans l’Union européenne, de publier une base recensant les publicités diffusées. L’objectif est de permettre au public, aux autorités et aux chercheurs d’identifier les annonceurs, les messages sponsorisés et les méthodes de ciblage.

X s’engage à ajouter des filtres portant notamment sur le contenu des publicités et les critères de ciblage. Les résultats devront apparaître directement dans l’interface, au lieu d’être renvoyés vers des fichiers Excel séparés. La plateforme devra aussi réduire des temps de réponse pouvant atteindre 200 secondes, afficher le contenu complet des annonces, indiquer leurs liens de redirection et ouvrir la base au moyen d’une interface de programmation, ou API.

Ces modifications doivent faciliter l’étude des campagnes politiques, des escroqueries, des opérations d’influence ou des publicités dissimulant leur commanditaire. Pour l’utilisateur, le changement sera surtout indirect : les outils de contrôle deviendront plus efficaces, sans bouleverser immédiatement son fil d’actualité.

Les chercheurs devront accéder gratuitement aux données

X devra revoir la procédure par laquelle les chercheurs agréés demandent l’accès aux données publiques de la plateforme. Bruxelles reprochait au réseau social d’imposer des démarches trop longues, des volumes insuffisants et des restrictions contractuelles empêchant notamment la collecte automatisée de données publiques.

Le plan prévoit un accès gratuit, plus rapide et adapté aux recherches acceptées. Les conditions d’utilisation devront préciser que les chercheurs éligibles ne sont pas automatiquement interdits de collecte automatisée sur les contenus accessibles au public.

Cette ouverture peut améliorer l’analyse des risques liés à la désinformation, aux ingérences étrangères ou aux contenus illégaux. Elle pose aussi une question de méthode : la transparence ne garantit pas la neutralité des organismes qui exploiteront ces données. La Commission devra donc veiller à ce que l’accès repose sur des critères vérifiables et non sur la proximité idéologique des chercheurs avec les institutions européennes.

L’amende de 120 millions d’euros reste le point de départ

En décembre 2025, la Commission avait infligé à X une amende de 120 millions d’euros pour trois manquements : une présentation jugée trompeuse de la coche bleue, une bibliothèque publicitaire insuffisante et des obstacles opposés aux chercheurs. X conteste toujours la décision concernant la coche bleue, mais présente désormais celle-ci, dans l’Espace économique européen, comme le signe d’un abonnement Premium et non comme la preuve d’une identité vérifiée.

Le plan accepté le 15 juillet concerne principalement les deux derniers volets. Il ne clôt pas les autres procédures visant X. La Commission enquête toujours sur les risques associés à Grok et sur le fonctionnement des systèmes de recommandation.

L’accord constitue donc une avancée concrète pour la transparence, pas un blanc-seing accordé à Bruxelles ni une capitulation générale de X. Les mesures annoncées ne portent pas directement sur la suppression d’opinions ou de publications. Leur légitimité dépendra de leur application proportionnée, de l’indépendance de l’audit et de la capacité de l’Union européenne à contrôler les plateformes sans transformer la transparence en instrument de pression politique.

Sources

  • Commission européenne, 15 juillet 2026 — Acceptation du plan correctif de X et détail des mesures imposées.
  • Commission européenne, 5 décembre 2025 — Décision infligeant une amende de 120 millions d’euros à X.
  • Commission européenne — Obligations applicables aux très grandes plateformes au titre du DSA.
  • Commission européenne, 26 janvier 2026 — Enquête visant Grok et les systèmes de recommandation de X.
  • Centre d’aide de X — Signification actuelle de la coche bleue pour les utilisateurs européens.
  • Reuters, 15 juillet 2026 — Confirmation de l’accord, du délai de six mois et de la surveillance renforcée.

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