Mortalité infantile : la France décroche malgré une légère amélioration en 2025
Le taux de mortalité infantile est passé de 3,5 décès pour 1 000 naissances vivantes en 2011 à 4,1 en 2024. Il redescend provisoirement à 4,0 en 2025, mais la France reste durablement au-dessus de la moyenne européenne.

La France a enregistré 2 550 décès d’enfants avant leur premier anniversaire en 2025, soit 4 décès pour 1 000 naissances vivantes. Ce taux diminue légèrement après les 4,1 ‰ observés en 2024, mais il reste supérieur aux 3,5 ‰ enregistrés en 2011. L’amélioration de 2025 ne suffit donc pas à effacer une dégradation installée depuis plus d’une décennie.
La mortalité infantile désigne les décès survenant entre la naissance et l’âge d’un an. Après avoir fortement reculé au XXe siècle, elle ne diminue pratiquement plus en France depuis 2005. Depuis 2015, son niveau dépasse la moyenne de l’Union européenne.
Les décès augmentent surtout durant le premier mois
La dégradation ne concerne pas toutes les périodes de la première année. Entre 2011 et 2024, la mortalité le jour de la naissance et celle survenant après 28 jours sont restées relativement stables. La hausse provient principalement des décès entre le premier et le vingt-septième jour, dont le taux est passé de 1,5 à 2 pour 1 000.
Santé publique France indique que les décès néonataux sont souvent liés à des affections survenues autour de la naissance, qui représentaient 51,8 % des cas en 2023, ou à des anomalies congénitales, à hauteur de 19,5 %. En 2024, la France occupait seulement la 21e place sur 27 pays européens.
Des causes multiples encore imparfaitement établies
La prématurité, les grossesses multiples, l’âge de la mère et certaines pathologies augmentent les risques. L’Insee observe également une mortalité plus élevée parmi les enfants de femmes ouvrières, employées ou inactives, ainsi que dans les départements d’outre-mer. Ces différences montrent le poids des inégalités sociales et territoriales.
L’organisation des soins est aussi interrogée : répartition des maternités, pénuries de personnel, suivi des grossesses à risque et coordination entre obstétrique et néonatalogie. L’Institut national d’études démographiques estime toutefois que les causes précises doivent encore être mieux documentées et qu’une partie de l’évolution peut provenir de changements dans l’enregistrement des naissances vivantes.
Plus de dépenses, sans amélioration des résultats
La Cour des comptes relevait que les dépenses consacrées à la périnatalité avaient atteint 9,3 milliards d’euros en 2021, en hausse de 9 % depuis 2016, alors que le nombre de naissances reculait. Elle jugeait pourtant les résultats sanitaires français « très médiocres » par rapport à ceux de plusieurs voisins européens.
Le problème ne peut donc pas être résumé à un simple manque d’argent. L’État doit mieux mesurer les causes des décès, publier des données homogènes, concentrer les moyens sur les maternités et services réellement fragiles et évaluer les résultats obtenus. La légère baisse de 2025 est encourageante, mais elle reste provisoire : la France demeure loin de la position qu’elle occupait autrefois en Europe.
Sources
- Insee, bilan démographique 2025 et étude sur la mortalité infantile.
- Santé publique France, bilan de la santé périnatale entre 2012 et 2024.
- Institut national d’études démographiques, comparaison européenne.
- Cour des comptes, évaluation de la politique de périnatalité.